Le Milieu libre de la Pie

Anarchie des bords de Marne.
« Milieu libre » de banlieue, la communauté de La Pie s’établit en 1913 à Saint-Maur-des-Fossés, où le train transporte les camarades de Paris comme les promeneurs du dimanche.

Un dimanche à Saint-Maur-des-Fossés · carte postale, 1904 · archives départementales du Val-de-Marne

Le 8 avril 1913, 20 compagnons anarchistes s'installent dans une grande propriété de 6 000 m² située au 59 bis, quai de la Pie à Saint-Maur. Georges Butaud, le fondateur des milieux libres de Vaux et de Bascon, veut tenter un nouvel essai près de Paris pour recruter plus facilement des compagnons qui pourraient conserver leur emploi en ville. Le domaine a été loué par la société dite des « Milieux libres de Paris et de la banlieue », créée par Butaud, dont l'intention est d'essaimer dans la région des milieux de vie anarchistes. La propriété de Saint-Maur était auparavant occupée par une société de déménagement : des chalets et des hangars à étage peuvent loger jusqu'à 80 personnes. La communauté de la Pie s'adonne à l'agriculture et à l'élevage de cochons, de chèvres et de poules, elle cultive un jardin ; elle comprend des ateliers d'électricité et de construction de canots. La colonie est aussi le siège du journal La Vie anarchiste qui se fait l'écho des expériences communautaires. Les colons pratiquent la polygamie. La guerre de 1914 met fin à l'expérience.

Témoignages

Sources et références

Maitron (Jean), Le Mouvement anarchiste en France, t. I : Des origines à 1914, 1972, note 1247.

Shalaaz, Milieux libres (1890 - 1914), 2005, p. 6-7, [En ligne], URL : http://infokiosques.net/lire.php?id_article=299, consulté en décembre 2010.

Beaudet (Céline), Les Milieux libres : vivre en anarchiste à la Belle époque en France, 2006, p. 63-66.



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